Chalutiers russes : 500 incidents au-dessus des câbles sous-marins britanniques
Des données de navigation relient 17 chalutiers russes à plus de 500 incidents au-dessus de câbles de l'Atlantique Nord. Londres reconnaît la menace.

L’essentiel : dix-sept chalutiers russes sont liés à plus de 500 incidents au cours desquels ils ont stationné au-dessus de câbles sous-marins de télécommunications reliant le Royaume-Uni à l’Europe et aux États-Unis, ou en ont suivi le tracé. Ces conclusions proviennent d’une analyse du quotidien britannique The Telegraph, publiée le 21 octobre 2026, portant sur environ quatre ans et demi de données de navigation. Elles ne prouvent aucun sabotage, mais tombent au moment où des députés britanniques alertent sur le manque de navires et de sous-marins de la Royal Navy pour surveiller ces eaux.
Que révèle l’enquête ?
Le Telegraph a croisé les positions de navires enregistrées depuis 2021 par Global Fishing Watch, une plateforme publique de suivi maritime, avec les cartes marines indiquant l’emplacement des câbles sur le fond de la mer. Il a identifié 17 chalutiers russes qui ont, à plusieurs reprises, passé de longues périodes à très faible vitesse au-dessus de ces câbles, ou suivi leur tracé sur de longues distances.
| Cas | Ce que montrent les données de navigation |
|---|---|
| Câble Atlantic Crossing 1, au nord de l’Écosse | 337 heures passées à proximité, dont 322 heures pour le seul mois d’avril 2023 |
| Un chalutier, neuf câbles | 113 heures près de neuf câbles différents reliant l’Europe de l’Ouest aux États-Unis, en quatre ans environ |
| Câble Hibernia Express | En février 2025, un navire l’a traversé à plusieurs reprises, dont une fois pendant 42 minutes à moins de deux nœuds |
Sources : analyse du Telegraph, reprise par Baird Maritime et The Maritime Executive.
Pourquoi un bateau de pêche s’attarderait-il au-dessus d’un câble ?
Selon des militaires de la marine consultés par le journal, ces manœuvres lentes pourraient correspondre à des relevés au sonar ou au déploiement de drones sous-marins téléguidés, rapporte Baird Maritime. The Maritime Executive évoque la crainte qu’une cartographie précise des câbles permette, plus tard, à des engins sous-marins sans pilote de les couper ou d’interférer avec eux.
Les données montrent des déplacements, pas des intentions. Aucun sabotage n’a été établi, et aucune réaction russe n’est mentionnée dans les articles consultés.
Comment réagit le gouvernement britannique ?
« Nous mesurons clairement la menace que représente la Russie », a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense à la radio LBC. Le ministère met en avant 1,5 milliard de livres consacré à son programme « Atlantic Bastion » et 330 millions de livres supplémentaires pour protéger les infrastructures sous-marines critiques.
La Royal Navy a-t-elle les moyens de réagir ?
Un rapport de la commission de la Défense de la Chambre des communes, détaillé le 22 octobre par le site Zone Militaire, pointe de graves lacunes dans le Grand Nord :
- la revue de défense de 2010 fixait un objectif de 19 frégates et destroyers, il n’en reste que 11 aujourd’hui ;
- seules cinq frégates anti-sous-marines de type 23 restent en service après le retrait cette année du HMS Richmond et du HMS Iron Duke, et la commission estime qu’il en faudrait au moins trois de plus ;
- aucun des cinq sous-marins d’attaque de classe Astute en service n’est certifié pour opérer sous la banquise.
« Le Grand Nord représente un défi stratégique majeur pour la sécurité du Royaume-Uni », résume le président de la commission, Tan Dhesi, cité par Zone Militaire.
Pourquoi c’est important
Les câbles sous-marins acheminent les communications internet et téléphoniques entre le Royaume-Uni, le reste de l’Europe et l’Amérique du Nord. Les conclusions du Telegraph ne disent pas ce que faisaient exactement ces chalutiers, mais elles accentuent la pression sur Londres pour mieux surveiller ses fonds marins, alors même que sa marine se dit à bout de moyens.
Cet article a été préparé avec l'aide d'outils d'IA à partir des sources citées ci-dessus, puis relu par notre rédaction avant publication. Lire notre charte éditoriale