Trump annonce un « très grand » accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l'Europe »
Après avoir reçu l'émissaire de Poutine le 5 novembre 2026, Donald Trump a promis un accord dépassant l'Ukraine. Sans détail, et l'Europe s'inquiète.

L’essentiel : Le jeudi 5 novembre 2026, Donald Trump a reçu à la Maison Blanche Kirill Dmitriev, l’émissaire de Vladimir Poutine, lors d’une rencontre qui n’était pas prévue. Il a ensuite assuré qu’un accord « très grand » avec la Russie se préparait, et qu’il pourrait dépasser l’Ukraine et concerner « toute l’Europe ». Le président américain n’a donné aucun détail. Ses propos inquiètent Kiev et les capitales européennes.
Qu’a dit Donald Trump ?
Interrogé dans le Bureau ovale sur son entretien avec Kirill Dmitriev, il a refusé d’en dévoiler le contenu : « Je ne peux pas vous dire de quoi nous avons parlé », a-t-il déclaré, selon l’AFP. Il a ajouté que ce serait « un grand accord », qu’il « concernera plus que l’Ukraine » et « pourrait même concerner toute l’Europe ». Selon Al Jazeera, il a aussi estimé que les deux camps seraient « très près » de régler le conflit.
Donald Trump a précisé ne pas avoir rencontré la délégation ukrainienne, présente le même jour à la Maison Blanche. Aucun texte, aucun calendrier et aucune condition n’ont été rendus publics.
Pourquoi des Russes et des Ukrainiens étaient-ils à la Maison Blanche ?
Ils étaient invités par Melania Trump, pour marquer la trêve locale qu’elle a négociée à Olechky (Oleshky), une ville ukrainienne occupée par la Russie et touchée par la faim. Cette trêve de six jours a duré du 27 octobre au 1er novembre 2026, selon l’agence AP. D’après la Maison Blanche, l’accord avait été signé le 23 octobre.
| Trêve d’Olechky | |
|---|---|
| Signature | 23 octobre 2026 (Maison Blanche) |
| Durée | 6 jours, du 27 octobre au 1er novembre (AP) |
| Habitants encore sur place au début | environ 2 000 (AP) |
| Personnes évacuées | près de 800 (Maison Blanche, AP) |
| Aide | nourriture et fournitures médicales (Al Jazeera) |
Côté russe étaient présents Kirill Dmitriev et la commissaire aux droits humains Iana Lantratova. Côté ukrainien, il y avait David Arakhamia, chef du groupe parlementaire du parti présidentiel Serviteur du peuple, et le médiateur Dmytro Loubinets. Kirill Dmitriev a remercié la Première dame « au nom du président Poutine » pour son rôle humanitaire, selon NPR. La délégation ukrainienne lui a remis l’ordre de la Princesse Olga, première classe, de la part de Volodymyr Zelensky. Melania Trump a confié aux deux délégations des lettres personnelles destinées aux deux présidents. Elle a appelé à bâtir « quelque chose de plus durable qu’un cessez-le-feu temporaire ».
Comment réagissent l’Ukraine et l’Europe ?
Ces déclarations nourrissent la crainte, en Europe, que Washington se rapproche du Kremlin et pousse Kiev vers un accord défavorable, relève l’AFP. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a écrit au président du Conseil européen, António Costa. Dans cette lettre consultée par l’AFP, elle juge que la situation donne aux Européens l’air de manquer totalement de crédibilité sur ce dossier.
À Madrid, où il participait au sommet ibéro-américain le vendredi 6 novembre, Volodymyr Zelensky a déclaré que « quand Poutine veut que les combats s’arrêtent, ils s’arrêtent », selon AP. Il a aussi rappelé que toutes les centrales électriques du pays avaient été endommagées par les frappes russes, à l’approche d’un nouvel hiver difficile.
Aux États-Unis aussi, l’événement a été critiqué. Heather Conley, ancienne responsable du département d’État aujourd’hui à l’American Enterprise Institute, a mis en garde contre le risque de « normaliser » le comportement de la Russie, rapporte NPR.
Que va-t-il se passer maintenant ?
Les négociations à trois entre Américains, Russes et Ukrainiens doivent reprendre à Abou Dhabi la semaine prochaine, pour la première fois depuis février, selon l’AFP et NPR. Volodymyr Zelensky dit avoir eu au préalable une conversation « très détaillée » d’une heure et demie avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Ce dernier a rencontré à Bruxelles des responsables ukrainiens, de l’Otan et européens pour parler de garanties de sécurité pour l’Ukraine et d’une « architecture de sécurité européenne plus large ».
Donald Trump avait promis de mettre fin à la guerre en 24 heures après son retour à la Maison Blanche, en janvier 2025. Il a souvent annoncé depuis qu’un accord était proche.



