Centres de données de l'IA : pourquoi des électeurs américains votent pour les freiner

Le 3 novembre 2026, des électeurs de dizaines de villes américaines votent sur des mesures pour interdire ou limiter les centres de données liés à l'IA.

Illustration : un centre de données entouré de lignes électriques et de maisons, devant une urne remplie de bulletins
Illustration générée par IA (FLUX.2 / Cloudflare)

L’essentiel : Le mardi 3 novembre 2026, jour des élections de mi-mandat aux États-Unis, des électeurs de plusieurs dizaines de villes et comtés voteront sur des mesures qui visent à interdire, retarder ou encadrer les centres de données, ces bâtiments remplis de serveurs qui font tourner l’intelligence artificielle. L’Ohio concentre plus de la moitié de ces scrutins. Les habitants s’inquiètent surtout de la consommation d’électricité et d’eau de ces installations.

Combien de votes sont prévus ?

Les décomptes varient selon la date et le périmètre retenus. Selon Reuters, les électeurs de 38 collectivités locales, réparties dans 10 États, se prononceront sur au moins 41 mesures. Newsweek, qui s’appuie sur le site non partisan Ballotpedia, recense 39 mesures en 2026 dans 8 États (Californie, Floride, Illinois, Kansas, Michigan, Nevada, Ohio et Wisconsin), dont 35 soumises au vote le 3 novembre.

L’Ohio arrive largement en tête : 21 propositions dans 18 collectivités, d’après Newsweek. L’Illinois en compte 7 et le Kansas 3.

Que proposent ces mesures ?

La plupart visent à limiter les projets. Quelques exemples cités par Newsweek et Reuters :

  • à Sunbury, près de Columbus (Ohio), une mesure interdirait les centres de données consommant plus de 25 mégawatts. Selon Reuters, elle pourrait faire échouer un projet d’Amazon de 2 milliards de dollars ;
  • à Alhambra (Californie) et Edgewater (Floride), les électeurs se prononcent sur une interdiction des nouveaux centres de données ;
  • à Grove City (Ohio), certains grands projets devraient être approuvés par les électeurs, par exemple au-delà de 20 mégawatts ou de 500 000 gallons d’eau par jour ;
  • à Janesville (Wisconsin), une vente ou un projet de plus de 450 millions de dollars sur un terrain non bâti devrait passer par les urnes.

Une mesure va dans l’autre sens : à Boulder City (Nevada), les électeurs peuvent autoriser des centres de données dans un secteur appelé Eldorado Valley Transfer Area, relève Newsweek.

Que disent les premiers votes de 2026 ?

Quatre scrutins ont déjà eu lieu cette année. Tous ont penché du côté des restrictions, selon Newsweek.

Lieu Date Question posée Résultat
Port Washington (Wisconsin) Avril 2026 Vote des habitants obligatoire pour certains accords de développement de plus de 10 millions de dollars Adopté à environ 66 %
Monterey Park (Californie) Juin 2026 Interdiction des centres de données Adopté à environ 88 %
Augusta Township (Michigan) Août 2026 Changement de zonage pour un projet de centre de données Rejeté à environ 90 %
Wrightstown (Wisconsin) Août 2026 Soutien public à un grand centre de données (consultatif) Rejeté à plus de 87 %

Source : Newsweek, d’après Ballotpedia.

Le vote de Port Washington, près de Milwaukee, a été présenté comme le premier référendum du pays contre les centres de données. Il visait un projet de campus de Vantage Data Centers soutenu par le président Donald Trump, rapporte E&E News. Pour Christine Le Jeune, fondatrice de l’association Great Lakes Neighbors United, ce vote crée un précédent dont d’autres communes peuvent s’inspirer.

Pourquoi cette opposition ?

Les habitants citent d’abord la consommation d’électricité et d’eau de ces bâtiments, rapporte Reuters. Certains parents évoquent aussi des risques pour la santé de leurs enfants, comme l’asthme. Newsweek ajoute la crainte que les ménages paient, sur leur facture, les investissements dans le réseau électrique, ainsi que les questions sur les avantages fiscaux et le faible nombre d’emplois permanents créés.

L’opinion publique suit cette tendance. Selon un sondage Reuters/Ipsos de juin 2026 cité par Newsweek, 64 % des Américains ne pensent pas que la construction rapide de centres de données soit une bonne chose, 77 % craignent qu’elle fasse augmenter leurs tarifs d’électricité et seuls 14 % accepteraient de vivre à côté de l’un d’eux.

Le sujet dépasse les clivages partisans. « Nous voulons tous la même chose », résume Jessica Baker, de l’association Conserve Ohio, à propos des démocrates comme des républicains qui soutiennent l’interdiction de certains centres de données, selon Reuters. Dans l’Ohio, il s’invite aussi dans la course au Sénat : le démocrate Sherrod Brown accuse le sénateur républicain Jon Husted d’être le promoteur des projets de centres de données dans l’État, rapporte Newsweek.

Que répond l’industrie ?

Les promoteurs mettent en avant les chantiers, les investissements et les recettes fiscales locales, et jugent ces installations indispensables aux ambitions des États-Unis dans l’IA, résume Newsweek. Amazon n’a pas dit si ces votes affecteraient ses projets. « Nous nous attachons à collaborer avec les habitants et les élus locaux », a déclaré un porte-parole à Reuters.

Le secteur continue de croître très vite. La capacité des centres de données en construction aux États-Unis a augmenté de 48 % entre décembre 2025 et juin 2026, selon John McWilliams, du cabinet Cushman & Wakefield, cité par Reuters. Les géants de la tech investissent des sommes record : Alphabet a dépensé 51,4 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, surtout dans des centres de données et des serveurs.

Pour les analystes, ces votes locaux ne bloqueront pas l’essor du secteur, mais pourraient déplacer les projets. Selon Baron Fung, du cabinet Dell’Oro Group, « les promoteurs pourraient potentiellement réorienter une partie de cette demande vers un autre site ».

Et ensuite ?

Les résultats seront connus après le scrutin du 3 novembre. Ils donneront une indication de la capacité des habitants à peser sur l’implantation des infrastructures de l’IA, à un moment où les projets se multiplient et où le raccordement au réseau électrique demande parfois plusieurs années d’attente, selon Reuters.

Cet article a été préparé avec l'aide d'outils d'IA à partir des sources citées ci-dessus, puis relu par notre rédaction avant publication. Lire notre charte éditoriale