Présidentielle 2027 : ce que disent les derniers sondages, à six mois du premier tour
Ifop, Ipsos et Elabe placent Marine Le Pen en tête du premier tour. Derrière, Mélenchon, Philippe et Glucksmann se disputent la deuxième place.

L’essentiel : trois enquêtes d’intentions de vote réalisées en octobre 2026, par l’Ifop, Ipsos bva et Elabe, dessinent le même paysage pour la présidentielle de 2027. Marine Le Pen arrive nettement en tête du premier tour, avec 31 à 37 % selon les instituts et les hypothèses. Derrière, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann se tiennent en quelques points, tandis que la droite et le bloc central restent divisés entre plusieurs candidats.
Que disent les trois derniers sondages ?
Chaque institut teste plusieurs hypothèses, car les candidatures à droite et au centre ne sont pas arrêtées. Le tableau donne les fourchettes publiées pour les principaux candidats, toutes hypothèses confondues.
| Candidat | Ifop pour LCI (27-29 octobre) | Ipsos bva pour Le Parisien (21-22 octobre) | Elabe (publié le 17 octobre) |
|---|---|---|---|
| Marine Le Pen (RN) | 35 à 37 % | 32 à 33,5 % | 31 à 33,5 % |
| Jean-Luc Mélenchon (LFI) | 17,5 à 18 % | 17 % | 15 à 16 % |
| Édouard Philippe (Horizons) | 9,5 à 15 % | 13 à 15 % | 13,5 à 16,5 % |
| Raphaël Glucksmann (PS-Place publique) | 10 à 13 % | 13 à 15,5 % | 15 à 16,5 % |
| Gabriel Attal | non précisé | 4 à 9,5 % | 4,5 à 10,5 % |
| Bruno Retailleau (LR) | moins de 10 % | 5,5 à 11,5 % | 6,5 à 9,5 % |
| David Lisnard | jusqu’à 9 % | 6,5 % | 5,5 à 6,5 % |
L’enquête Ifop a été menée du 27 au 29 octobre 2026 auprès de 1 650 personnes, selon Public Sénat, avec une marge d’erreur de 1,1 à 2,5 points. Celle d’Ipsos bva, réalisée avec l’école d’ingénieurs CESI, a interrogé 1 500 personnes inscrites sur les listes électorales les 21 et 22 octobre. Un sondage n’est pas une prévision : chez Elabe, 46 % des électeurs qui expriment une intention de vote disent pouvoir encore changer d’avis.
Qui irait au second tour ?
Dans l’enquête Ifop, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se qualifient dans toutes les configurations testées. Public Sénat parle d’un second tour Le Pen–Mélenchon qui « semble assuré », le leader insoumis devançant son suivant d’au moins 2 points. Ipsos aboutit au même résultat : Jean-Luc Mélenchon, à 17 % dans chaque hypothèse, gagne 2 points par rapport à septembre et devance toujours Édouard Philippe.
Elabe décrit une situation plus serrée. Selon l’institut, Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon sont « dans un mouchoir de poche » pour la deuxième place. Elabe est aussi le seul des trois à publier des seconds tours :
| Second tour testé par Elabe | Résultat |
|---|---|
| Le Pen – Philippe | 52,5 % – 47,5 % |
| Le Pen – Glucksmann | 53,5 % – 46,5 % |
| Le Pen – Mélenchon | 69 % – 31 % |
Pourquoi la droite et le centre sont-ils en difficulté ?
Quatre personnalités se disputent cet espace : Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard, le maire de Cannes. Leurs scores se divisent. Chez Ipsos, Édouard Philippe obtient 15 % quand il est le seul candidat du bloc central, soit 4 points de moins qu’en septembre, et Gabriel Attal 9,5 % dans la même situation, en recul de 4,5 points. Quand les deux se présentent, Gabriel Attal tombe à 4 %.
David Lisnard progresse. Testé pour la première fois par Ipsos, il obtient 6,5 %, devant Bruno Retailleau (5,5 %) dans la même hypothèse. Dans l’enquête Ifop, il devance Bruno Retailleau de 2,5 à 3 points. Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop, y voit « une percée », selon Public Sénat.
Bruno Retailleau a pris acte de ces chiffres. « J’imaginais que les sondages pouvaient nous départager. C’est pas parti pour ça », a-t-il déclaré, cité par Public Sénat. Il juge nécessaire une primaire, « sans doute en début d’année ».
Et la gauche ?
Raphaël Glucksmann progresse après sa victoire à la primaire socialiste. Elabe le donne en hausse de 2,5 à 4 points depuis fin août, et Ipsos de 1,5 à 2 points depuis septembre, un « petit effet post primaires » selon cet institut. L’Ifop le mesure en revanche en baisse, à 10 à 13 % contre 12 à 16 % à la mi-octobre.
Jean-Luc Mélenchon a présenté le 6 novembre 2026 le programme de La France insoumise, « L’Avenir en commun », qui compte 1 069 mesures, selon Public Sénat. Les autres candidats de gauche testés restent loin : Marine Tondelier obtient 3 à 3,5 % et Fabien Roussel 1,5 à 2 % dans l’enquête Ifop.
Quelles limites garder en tête ?
Les candidatures ne sont pas toutes déclarées, et les hypothèses changent d’un institut à l’autre, ce qui explique une partie des écarts. Les instituts ne testent pas les mêmes noms : Elabe inclut par exemple Éric Zemmour (3 à 3,5 %), François Ruffin (3 %) et Dominique de Villepin (2 à 3 %).
La popularité ne se confond pas non plus avec les intentions de vote. Dans l’Observatoire politique de novembre d’Elabe, Jean-Luc Mélenchon n’arrive qu’à 16 % dans le classement des personnalités, loin de Marine Le Pen (35 %) et de Jordan Bardella (33 %), alors qu’il est deuxième dans plusieurs enquêtes d’intentions de vote. Le même baromètre mesure la confiance en Emmanuel Macron à 13 %.



