Changement d'heure au Québec : le 1er novembre sera-t-il vraiment le dernier ?

Québec veut en finir avec le changement d'heure, mais rien n'est voté et l'heure à garder n'est pas choisie. Ce qui est décidé, et ce qui ne l'est pas.

Illustration : horloge sombre entraînée par une roue dentée rouge, à côté d'une fenêtre et de feuilles d'automne
Illustration générée par IA (FLUX.2 / Cloudflare)

L’essentiel : Les Québécois reculent bien leur horloge dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 2026, à 2 h. Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon a annoncé le 28 octobre que ce serait « fort probablement » la dernière fois, mais aucun projet de loi n’a encore été déposé. Le gouvernement doit d’abord consulter, et il n’a pas choisi entre l’heure d’été et l’heure normale.

Qu’a réellement annoncé le gouvernement ?

C’est une intention, pas encore une décision. Selon Radio-Canada, un projet de loi sera déposé « au cours des prochains mois ». Le premier ministre a parlé d’une « courte commission parlementaire » pour entendre les spécialistes, afin de « bien déterminer s’il serait préférable d’opter pour l’heure d’été ou pour l’heure normale ».

La ministre de la Justice, Marie-Claude Sarrazin, a insisté sur la méthode : « on va consulter les gens pour que les choses soient faites dans l’ordre, y compris avec nos voisins », a-t-elle dit avant le conseil des ministres, selon Noovo Info.

Le contexte politique compte aussi. Le gouvernement péquiste est minoritaire, rappelle Noovo Info. Le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime s’est dit d’accord avec le changement.

Tant qu’aucune loi n’est adoptée, le calendrier actuel s’applique : le prochain changement est prévu dans la nuit du 13 au 14 mars 2027.

Que voulaient les Québécois en 2024 ?

Le précédent gouvernement avait déjà posé la question. En 2024, le ministre de la Justice de l’époque, Simon Jolin-Barrette, a lancé une consultation publique qui a recueilli environ 214 000 réponses. Parmi les répondants, 91 % voulaient en finir avec le changement d’heure, et 72 % de ceux-là préféraient l’heure d’été à l’année.

La Coalition avenir Québec n’a pas donné suite, invoquant les liens avec les partenaires américains et la Bourse, selon Radio-Canada.

Heure d’été ou heure normale : que disent les spécialistes ?

Le choix de l’heure pourrait compter plus que l’abolition elle-même. Paul St-Pierre Plamondon a justifié son annonce par la santé : « Les études démontrent que cette pratique est contre-productive pour la santé ».

Une vérification du journaliste Jean-François Cliche, publiée dans Le Droit, nuance fortement cette affirmation : les données sont partagées et les effets du changement restent faibles. « Ce qui risque de faire une vraie différence pour la santé, c’est laquelle des deux heures le nouveau gouvernement péquiste adopte en permanence », écrit-il.

Selon cette même vérification, l’heure normale est mieux synchronisée avec le rythme naturel. Elle est recommandée par l’Académie américaine de médecine du sommeil et la Société canadienne de chronobiologie. Radio-Canada rapporte que des spécialistes québécois vont dans le même sens, dont le Dr Thanh Dang-Vu, de l’Université Concordia.

Un autre chiffre pèse dans le débat : selon la SAAQ, citée par Radio-Canada, les collisions impliquant un piéton entre 17 h et 20 h augmentent en moyenne de 98 % dans les 30 jours suivant le changement d’automne, sur la période 2020-2024.

Pourquoi les voisins comptent-ils autant ?

Parce que le Québec commerce surtout avec l’Ontario et les États-Unis, et que la carte bouge vite.

Territoire Situation
Colombie-Britannique, Alberta, Manitoba, Territoires du Nord-Ouest Ont choisi l’heure d’été à l’année
Saskatchewan Ne change plus l’heure depuis 1966
Yukon A cessé en 2020
Ontario Loi de 2020 pour l’heure d’été permanente, pas en vigueur : elle dépend d’une décision identique du Québec et de l’État de New York
États-Unis La Chambre des représentants a adopté en juillet un texte pour l’heure d’été permanente ; l’appui du Sénat reste incertain

Sources : Radio-Canada, Noovo Info.

L’argument économique pèse aussi dans le choix de l’heure. En septembre 2025, François Vincent, vice-président pour le Québec de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, estimait que « plusieurs entrepreneurs vont vouloir avoir plus de lumière le jour pour leurs clients ».

Éric Duhaime, lui, met en garde contre un Québec isolé : « Vous savez que l’économie du Québec et de l’Ontario sont interreliées ».

Que faut-il retenir pour ce week-end ?

Il faut reculer l’heure dimanche, à 2 h, comme d’habitude. La suite dépendra de la commission parlementaire et du projet de loi annoncés pour les prochains mois, et de ce que décideront l’Ontario et l’État de New York.

Cet article a été préparé avec l'aide d'outils d'IA à partir des sources citées ci-dessus, puis relu par notre rédaction avant publication. Lire notre charte éditoriale