Blocages et grève du 5 novembre : où en est la mobilisation sociale en France ?

Après l'acte III du 31 octobre, lycéens et étudiants appellent à bloquer mardi et jeudi, et les syndicats à la grève le 5 novembre. Le point sur le mouvement.

Pancarte « Les vieux avec les jeunes » brandie lors de la manifestation du 17 octobre 2026 à Paris
Photo : FreCha / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

L’essentiel : Le mouvement social parti des lycées en septembre 2026 entre dans une semaine décisive. Après l’« acte III » du 31 octobre, qui a réuni 320 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur et près de 500 000 selon les organisateurs, des syndicats lycéens et étudiants appellent à bloquer les établissements mardi 3 et jeudi 5 novembre. Ce jeudi est aussi une journée de grève et de manifestations à l’appel de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU.

D’où vient ce mouvement ?

La contestation est partie d’un lycée de banlieue parisienne le 17 septembre, selon l’AFP (Euronews situe plutôt son point de départ le 21 septembre à Créteil). Les élèves dénonçaient le manque de moyens, les classes surchargées, les bâtiments vétustes et Parcoursup. Les étudiants, les fonctionnaires, puis les gilets jaunes ont rejoint le mouvement, désormais porté aussi contre la vie chère et le projet de budget 2027.

Date Événement Participation
29 septembre Grève dans la fonction publique, blocages de lycées 206 000 (Intérieur), 300 000 (CGT)
5 octobre 589 établissements perturbés, selon le ministère Non communiquée
17 octobre Journée contre la vie chère, émeutes et pillages 550 000 (autorités), 800 000 (organisateurs)
24 octobre « Acte II » 410 000 (autorités), 800 000 (organisateurs)
31 octobre « Acte III » 320 000 (autorités), près de 500 000 (organisateurs)

Sources : Euronews, AFP, France 24.

Que s’est-il passé le 31 octobre ?

Le gouvernement avait mobilisé 70 000 policiers et gendarmes. À Paris, le défilé a été cantonné à l’est de la capitale, de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton, après que le Conseil d’État a annulé une décision du tribunal administratif, interdisant le parcours Bastille-Nation, indique France 24. La préfecture de police a compté 70 000 manifestants, les organisateurs 200 000.

Des heurts ont eu lieu en fin de cortège à Paris, ainsi qu’à Lyon, Bordeaux, Marseille et Toulouse. Le bilan des interpellations s’élevait à 565 à 21 h, selon Euronews. À Paris, un gendarme mobile a été légèrement blessé par un cocktail Molotov. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a parlé d’une « tentative de meurtre », tout en estimant que les cortèges s’étaient bien déroulés malgré « la violence inouïe » de groupes de casseurs.

Qu’a proposé le gouvernement ?

Le 26 octobre, l’exécutif a présenté une série de mesures aux organisations lycéennes et étudiantes, reçues à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu :

  • une « évolution forte » de Parcoursup dès la rentrée 2027, puis son remplacement en 2028 ;
  • 15 000 places supplémentaires dans le supérieur ;
  • un plan de 5 milliards d’euros pour les lycées et les universités, surtout sous forme de prêts aux collectivités ;
  • l’indexation des bourses sur l’inflation ;
  • un plafond de 28 élèves par classe de seconde, généralisé en 2028 ;
  • l’annulation de 836 suppressions de postes et la création de 500 postes de professeurs.

Les organisations sont restées sceptiques. « On arrive à avoir des gains avec la mobilisation, mais ça reste des miettes », a réagi la porte-parole de l’Union étudiante. L’intersyndicale de la jeunesse réclame dix mesures évaluées à 10 milliards d’euros. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a reconnu lui-même qu’il fallait un budget pour que ces annonces s’appliquent.

Qui appelle à quoi cette semaine ?

Date Appel Par qui
Mardi 3 novembre Blocage des lycées et des universités Union syndicale lycéenne, Union étudiante, Unef
Jeudi 5 novembre Grève et manifestations pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU
Jeudi 5 novembre Nouveaux blocages, puis manifestation Syndicats lycéens et étudiants
6 et 7 novembre « Six-seven populaire » Coordination des gilets jaunes

Sources : AFP, France 24. La liste des signataires de l’appel à bloquer varie selon les versions de la dépêche : l’Unef n’apparaît que dans la plus récente.

« Dès ce mardi, on va bloquer nos universités et lycées et on bloquera jeudi également », a lancé la porte-parole de l’Union étudiante à Paris le 31 octobre, en réaction à l’interdiction du parcours parisien. Mardi correspond à la rentrée des vacances de la Toussaint, relève Euronews. Le président de l’Union syndicale lycéenne invite les élèves à s’organiser en assemblées générales pour bloquer tout au long de la semaine.

Que prévoir pour les transports et les écoles ?

Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF appellent à la grève le 5 novembre et réclament notamment une hausse générale des salaires, selon Sortiraparis, qui faisait le point le 21 octobre. Les TGV, Intercités et TER pourraient être touchés. À cette date, rien n’était décidé pour le RER et le Transilien, et la RATP n’avait pas reçu de préavis propre à cette journée.

Les prévisions de trafic tombent généralement 48 heures avant pour la SNCF et la veille pour la RATP. Dans les écoles, les enseignants grévistes doivent se déclarer 48 heures à l’avance en maternelle et en primaire, et les communes doivent assurer un accueil minimum si au moins un quart des enseignants d’une école font grève. Les salaires restent au cœur des revendications de l’intersyndicale, alors que le gouvernement envisage d’avancer la revalorisation du Smic au 1er décembre.

Cet article a été préparé avec l'aide d'outils d'IA à partir des sources citées ci-dessus, puis relu par notre rédaction avant publication. Lire notre charte éditoriale