Agents d'IA : pourquoi les grandes banques canadiennes ferment la porte à Muse de Meta
RBC, TD, BMO et CIBC refusent que des agents d'IA comme Muse accèdent aux comptes en ligne. Ce que cela change pour les clients et les risques en cas de fraude.

L’essentiel : Plusieurs des plus grandes banques du Canada ont annoncé fin octobre 2026 qu’elles refusaient l’accès de leurs services en ligne aux agents d’intelligence artificielle personnels, comme Muse, de Meta. RBC, TD, BMO et CIBC disent les bloquer ou ne pas les autoriser, et Scotiabank veut les limiter, selon Global News. Pour les clients, le risque est concret : un client qui confie ses identifiants à un agent peut perdre la protection contre la fraude.
Qu’est-ce qu’un agent d’IA comme Muse ?
Un agent d’IA ne se contente pas de répondre à des questions : il agit au nom de son utilisateur. Muse, l’agent de Meta, peut recevoir des informations bancaires et de paiement et effectuer des achats, explique Global News. Avec l’accord de l’utilisateur, ce type d’outil peut aussi se connecter à des comptes pour suivre les soldes et les dépenses, précise Yahoo Finance Canada.
Le succès est rapide. Mark Zuckerberg a affirmé que plus de 10 millions de personnes aux États-Unis et au Canada avaient créé un compte en six semaines environ, selon Yahoo Finance.
Un incident a aussi marqué les esprits. Un créateur de contenu technologique a confié à Muse la vente d’un clavier sur Facebook Marketplace. L’agent a accepté une offre de 600 $, sous son minimum de 700 $, et a transmis son adresse personnelle à l’acheteur. Il dit avoir choisi l’option « Toujours autoriser ». Aucune somme n’a été perdue, et Meta a assuré qu’il n’y avait pas eu d’atteinte aux contrôles de confidentialité.
Que disent les banques ?
| Banque | Position rapportée par Global News |
|---|---|
| RBC | Blocage des agents personnels tiers sur ses services authentifiés, dont la banque en ligne |
| TD | Blocage de tout accès direct aux informations bancaires exigeant une authentification |
| BMO | Agents d’IA non autorisés sur ses services numériques, y compris pour exécuter des transactions |
| CIBC | Pas de prise en charge des agents ouvrant ou consultant un compte ; ne pas leur donner ses identifiants |
| Scotiabank | Limitation de l’accès à ses plateformes |
Le mouvement s’est fait en quelques jours. Le 20 octobre, Dave McKay, PDG de RBC, disait à Bloomberg que la banque envisageait de bloquer Muse, rappelant qu’elle engageait sa responsabilité sur la protection des consommateurs. Le lendemain, Darryl White, PDG de BMO, jugeait mauvaise l’idée de donner à un agent ses numéros de compte, mots de passe ou NIP. Sur son site, RBC annonce que les connexions existantes cesseront de fonctionner.
Que risque un client qui partage ses identifiants ?
C’est le point le plus sensible. Les transactions faites avec des identifiants fournis par le client ne peuvent pas être considérées comme non autorisées, indique Global News. La garantie de sécurité numérique de RBC exclut les pertes liées au partage d’un mot de passe, selon la page d’information de la banque.
L’Agence de la consommation en matière financière du Canada indique que les institutions couvrent généralement les pertes si le client a pris les précautions appropriées pour protéger sa carte et son NIP, rapporte Yahoo Finance. Le partage d’un mot de passe peut toutefois compliquer une réclamation.
Le ministre canadien de l’IA, Evan Solomon, a appelé le 22 octobre les Canadiens à une extrême prudence avant de partager leurs mots de passe bancaires, avec un agent d’IA comme avec toute autre personne ou entreprise, selon Global News.
Que répond Meta ?
Dans un billet de blogue de septembre cité par Global News, Meta affirme que Muse fonctionne sur un ordinateur dédié dans le nuage, isolé des autres agents. L’entreprise ajoute qu’un dispositif de contrôle, baptisé Sentinel, doit approuver toute action sur Internet, et que l’agent demande la permission à l’utilisateur quand c’est nécessaire.
Les banques ne sont pas seules à s’inquiéter. Amazon a demandé à Meta, le 23 octobre, de retirer sa plateforme de l’expérience Muse, selon Global News. Le Conseil de stabilité financière, avec l’appui du Bureau du surintendant des institutions financières, a pour sa part recommandé aux prêteurs de vérifier l’identité des agents et de restreindre leur accès aux données sensibles, rapporte Yahoo Finance.
Où en est le système bancaire ouvert au Canada ?
Les clients canadiens ne disposent pas encore d’un système public de partage sécurisé de leurs données bancaires. Environ neuf millions de Canadiens utilisent déjà le « moissonnage d’écran » : ils donnent leurs identifiants à une application qui se connecte à leur place, selon Yahoo Finance. La loi sur les services bancaires axés sur le consommateur a reçu la sanction royale en mars 2026, mais son règlement n’a été proposé qu’en juin, et le système n’est pas encore en service.
Que faire si on utilise un agent d’IA ?
Yahoo Finance Canada résume les précautions de base : choisir l’option « Autoriser une fois », ne jamais transmettre son mot de passe bancaire, son NIP, son numéro de carte complet ou son numéro d’assurance sociale, privilégier un accès en lecture seule pour les outils de budget et activer les alertes de transaction. Ces réflexes rejoignent ceux qui valent contre l’hameçonnage bancaire : un identifiant confié à un tiers, humain ou logiciel, n’est plus sous votre contrôle.
Cet article a été préparé avec l'aide d'outils d'IA à partir des sources citées ci-dessus, puis relu par notre rédaction avant publication. Lire notre charte éditoriale


